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CBD - Entreprise générale de construction privée et publique

Vive les métiers de la construction

Quel métier, et donc quelle formation, choisir ? Pour certains jeunes et leurs parents, c’est clair. Pour d’autres, plus flou. Certains ados, lassés par des matières trop intellectuelles, voudraient se tourner vers du concret, des métiers comme ceux de la construction. Un choix qui ne ravit pas toujours les parents.

« Depuis des années, je rêve de travailler le bois, nous confie Fred, 17 ans. Je sais qu’il existe diverses possibilités comme menuisier, ébéniste, charpentier, etc. Mais ma mère a toujours insisté pour que je termine mes secondaires dans le général et, maintenant, je traîne mes pieds en 6e. » La situation de Fred n’est pas exceptionnelle. Raison pour laquelle les initiatives se sont multipliées ces dernières années pour remettre les métiers manuels, et singulièrement ceux de la construction, à l’honneur. Dernière en date : la « Quinzaine de la construction ».

Building Heroes
Joliment intitulée « Building Heroes », cette opération, lancée par la ministre de l’Enseignement obligatoire et de Promotion sociale de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Marie-Martine Schyns, s’inscrit dans le cadre de la valorisation des dispositifs mis en place pour l’enseignement qualifiant. Cette quinzaine a été inaugurée ce lundi 24 mars à la Caserne Fonck à Liège, à travers une action plus directement destinée aux élèves de 6e primaire dans le cadre de cette « Quinzaine de la construction », qui concerne des métiers techniques comme menuisier, plafonneur, couvreur, peintre, carreleur/mosaïste, chauffagiste/installateur, sanitaire, électricien, maçon, conducteur d’engins, etc. Ce n’est pas le choix qui manque ! Cette quinzaine reprend ainsi un jeu en ligne avec Max et Sophie, deux mascottes qui emmènent les jeunes dans une aventure dont l’objectif est de réaliser la maison de leur rêves. Tout en jouant, le jeune découvre ce qui implique la construction ou la rénovation d'une maison.

Autre initiative prise dans le même sens : un projet-pilote de stage d’immersion en entreprise de construction pour lequel une charte vient d’être signée avec sa collègue Céline Frémault, ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargée de l'Économie, de l'Emploi, de la Recherche scientifique et du Commerce extérieur. C’est ainsi que les entreprises Jacques Delens, Gillion Construct, Socatra, DRTB et Polyconstruct, entourées de la Confédération Construction de Bruxelles-Capitale, le ffc-fvb Constructiv, le CDR Construction ont marqué leur volonté de renforcer des passerelles entre l’enseignement secondaire qualifiant et le monde de l’entreprise.

Objectif ? « Par le biais de stages en immersion, explique Damien Magerat, Administrateur-Délégué des Entreprises Jacques Delens, les jeunes sont confrontés à la réalité de terrain, ils participent de façon active à la production quotidienne aidés par des ouvriers d’expérience. Il est essentiel pour nous de jouer un rôle charnière entre l’enseignement et la future insertion professionnelle réussie. Depuis plusieurs années, nous accueillons de nombreux stagiaires qui sont directement plongés dans la réalité de la production. Nos ouvriers chevronnés partagent avec plaisir leur qualification, rendant ainsi un peu de ce que leurs aînés leur ont donnés il y a quelques années. Dans la cadre de ce nouveau projet-pilote, nous avons déjà accueilli un élève de 4e sur notre chantier Audi Forest et un élève de 6e, pendant six semaines, sur le projet de l’école Arbre Ballon, qui consiste en la construction d’une nouvelle école primaire sur le site de Poelbos, à Jette. »

Écoles et entreprises : même combat.
La charte vise à préciser les conditions qui optimaliseront ces stages en entreprises de construction, qui  offrent de belles opportunités à des jeunes de s’insérer dans la société. En Belgique, près de 20 000 offres d’emploi dans le secteur de la construction restent insatisfaites chaque année !

Ce concept d’immersion est plus approfondi que les stages classiques (de cinq à huit semaines en fonction de l’entreprise et du secteur d’activité) et représente une solution pour certaines filières techniques où l’enseignement en alternance n’existe pas. C’est désormais une dizaine d’écoles et 150 élèves qui sont engagés dans ce processus. L’objectif de l’immersion en entreprise : permettre à des élèves du 3e degré de l’enseignement technique de qualification et de l’enseignement professionnel de suivre une partie de leurs cours théoriques et pratiques au sein d’une entreprise désireuse de leur apporter une formation axée sur l’activité réelle, tout en s’intégrant complètement dans le programme officiel. Il s’agit donc d’une réelle troisième voie, aux côtés de l’alternance et des stages classiques.

Pareilles initiatives embraient sur une des priorités du Contrat pour l’École, intitulée « Choisir et apprendre un métier à l’école ». C’est dans ce cadre qu’ont également été créés les Centres de Technologies Avancées (CTA), dont l’objectif est de donner aux jeunes qui sont dans les filières qualifiantes du technique et du professionnel des outils pédagogiques de pointe financés à 50/50 par des Fonds européens et la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’idée est que l’équipement sur lequel les jeunes travaillent soit le plus proche possible de celui qu’ils vont trouver dans les entreprises et industries. Ces CTA accueillent aussi les formateurs et les enseignants pour des formations en cours de carrière. Ils sont également ouverts aux demandeurs d'emploi, aux travailleurs en recherche de formation continuée, aux étudiants de l'enseignement de promotion sociale et aux étudiants de l'enseignement supérieur non universitaire. 31 CTA ont été ouverts en 2013 et l’objectif pour 2014 est d’en maximaliser leur utilisation.

Pas que les Diables rouges.
Chaque année, toujours pour promouvoir ces métiers manuels, est organisée une compétition tantôt européenne, tantôt mondiale, des métiers manuels. En lice : des jeunes de moins de 25 ans. Cette année, EuroSkills aura lieu à Lille, du 2 au 4 octobre. Et nos futurs compétiteurs, sélectionnés à l’issue du championnat qui s’est déroulé préalablement chez nous, sont désormais connus. Impossible de les citer tous, mais sachez que l’équipe est constituée de vingt-deux candidats qui s’affronteront notamment en ébénisterie, maçonnerie, menuiserie, plafonnage, installations électriques, sani-chauffage, etc.. Parmi eux, quatre filles dont une en taille de pierre et une en carrelage, médaillées d’or belges dans leur discipline ! Allez, les filles !

 

Source: Le ligueur, par Michel Torrekens.

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